The Shining

Jack Torrance (Jack Nicholson), ex-professeur qui se voudrait écrivain, accepte le poste de gardien de l’hôtel Overlook, un palace isolé dans les montagnes rocheuses du Colorado, vide et coupé du reste du monde durant tout l’hiver. Persuadé que l’isolation lui fera le plus grand bien, il s’apprête donc à vivre de longs mois de solitude avec sa femme Wendy (Shelley Duvall) et son fils Danny (Danny Lloyd). Mais Danny est effrayé à l’idée d’habiter ce lieu. Il faut dire qu’il n’est pas un enfant comme les autres. Il possède un don, le « Shining » : Tony, le petit garçon qui vit dans sa bouche, lui montre des choses que personne ne peut voir, et lui dévoile les terribles événements qui se sont passés il y a des années de cela dans l’hôtel. Alors que l’hiver s’installe et que la famille se retrouve dans l’isolement le plus total, des visions sanglantes avertissent Danny des dangers à venir.

Aujourd’hui considéré comme un classique du cinéma d’horreur, ce chef d’œuvre de Kubrick s’inscrit dans la lignée de Rosemary’s Baby et de l’Exorciste, et ce n’est pas rien ! Il faut dire que le réalisateur était un grand perfectionniste qui n’hésitait pas à faire répéter jusqu’à 50 fois la même scène à ses acteurs. La schizophrénie, thème de prédilection de Kubrick y est habilement développée grâce au jeu grandiose de Jack Nicholson, parfait dans son rôle, mais aussi aux jeux des miroirs qui reflètent la vie intérieure du personnage. L’immense hôtel et ses couloirs sinueux prennent la forme d’un véritable labyrinthe qui tient la famille prisonnière…et qui devient en quelque sorte le symbole de l’esprit même de Jack. On y finit par perdre toute notion du temps et on assiste, impuissants, au sombrement progressif de Jack dans la folie.
En plus du jeu génialissime de Nicholson, ce qui fait le succès de Shining, c’est aussi l’effet de surprise (vous savez, ce genre de scènes qui débarquent sans prévenir et qui vous noue l’estomac…) et l’atmosphère pesante qui émane de l’hôtel. Le sentiment d’oppression est carrément palpable grâce au système de Steadicam (harnachement qui fixe la caméra au corps du cadreur et qui permet de faire des travellings très fluides) : La caméra semble survoler Wendy et Danny et vous donne cette horrible sensation d’une présence, du vol en suspension d’un esprit invisible qui surveille constamment leurs faits et gestes…
Angoissant, oppressant, terrifiant, le chef-d’oeuvre de Kubrick est peut-être éloigné du roman de Stephen King, mais Shining dégage une atmosphère malsaine qui ne vous laisse aucun répit pendant près de 2h30. Shining est incontestablement une pièce maitresse du cinéma d’horreur, qui a donné à Jack Nicholson le rôle qui jusqu’ici couronne toute sa carrière et qui a fait rentrer Kubrick au Panthéon des plus grands réalisateurs de tous les temps.
Cultissime !

Jack Torrence (Jack Nicholson), an ex-professor claiming to be a writer agrees to take the position of caretaker of the Overlook Hotel. The hotel is located in the remote Colorado Rocky Mountains, soulless and away from the civilization during the winter. With the idea of using the seclusion to work on his writing, he prepares to spend a long time away from the rest of the world with his wife Wendy (Shelley Duvall) and his son Danny (Danny Lloyd) who has had a terrifying premonition about living in the hotel. Danny is no ordinary kid. He’s got a gift: “the shining”. Tony, the little boy who lives in his mouth shows him things that nobody can see and reveals to him the terrible events that occurred years ago in the hotel. As winter settles in and the family finds itself in total isolation, Danny starts to have bloody visions warning him of coming dangers.

This masterpiece from Kubrick is now considered as a classic of the horror cinema and is considered as an equal to Rosemary’s Baby or the Exorcist – which is no small task! It should be noted that the director was known to be a perfectionist who didn’t mind having the actors rehearsing 50 times the same scene. Schizophrenia, Kubrick’s favorite subject is meticulously developed thanks to Jack Nicholson’s acting, perfectly cast for this role, but also thanks to the use of the mirrors which reflect the character’s inner personality. The huge hotel and its winding corridors resemble a maze that keeps the family prisoner – and becomes the symbol of Jack’s very own mind until we end up losing the notion of time and understand we are watching Jack sinking into madness helplessly.
Besides Nicholson’s great acting, the success of The Shining is also due to the director’s ability to surprise the spectator (the kind of scene with characters popping up in front of the screen making you jump up in your seat) as well as the oppressive atmosphere of the hotel. This feeling of oppression is emphasized by the steadicam system (stabilizing mount for a motion picture camera, which allows a very smooth shot even when the operator is moving quickly): The camera seems to fly over Wendy and Danny to give you the horrible feeling there’s a presence, an invisible spirit that watches each and every of their slightest movements.
Frightening, oppressive, terrifying, Kubrick’s masterpiece might not be faithful to Stephen King’s novel, but The Shining radiates with an uneasy feel and grants you no mercy for almost 2h30. The shining is unquestionably a poster movie of the horror cinema. It gave Jack Nicholson the role that, at least until now, has defined his whole career, and Stanley Kubrick its rightful place in the hall of fame of the best directors of all times.

Cultissime!

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Comments
One Response to “The Shining”
  1. Romain Curutchet dit :

    Pour être fan de Kubrick et avoir analysé le film, j’ajouterai pour l’audience que le film est une métaphore du génocide des Indiens d’Amérique par les Pères Fondateurs. Notez les chants d’Indiens très discrets au début du film (quand on voit les paysages) qui annonce la couleur. Ensuite le directeur de l’hotel explique à Jack et sa famille que l’hôtel a été construit par des Indiens etc.
    Mais surtout, voilà ce qu’il y a d’intéressant :
    – l’hôtel où a été tourné le film ne figurait aucune tapisserie indienne. Et pourtant, dans le film, les murs de l’hotel en sont recouverts. Kubrick a délibérement décorer l’hotel ainsi. On en comprend le sens quand Jack fait rebondir sa balle de tennis – du même mouvement que quand il utilisera sa hache – sur le grand mur du hall d’entrée, où figure des tapisseries de… jumeaux indiens… vêtus de robes bleues. Cela fait directement référence aux jumelles tuées (qui portaient des robes bleues). Par ailleurs, comme vous l’aurez compris le thème des jumeaux est prépondérant dans la mythologie des Indiens d’Amérique, tout comme les… labyrinthes !
    – Notez ensuite la ressemblance étonnante de la femme de Jack avec une indienne (nattes, chaussures etc.). La femme va ensuite devenir la victime de Jack… Je n’en dis pas plus.
    – Remarques dans la salle où la nourriture est conservée, la boite de conserve figurant un Indien placé derrière l’afro-américain, indiquant les 2 victimes des Blancs dans la création des Etats-Unis.
    – Remarquez la date de la photo à la toute fin, indiquant que Jack a toujours existé et qu’il a toujours été là (cf. dialogue avec l’ancien caretaker dans les WC : « You have always been the caretaker »), représentant ainsi les Pères Fondateurs.

    Il y a encore mille détails, mais je vous laisse les trouver, pour ne pas révéler tout le film et pour vous exercer à trouver ce qui fait du Kubrick un des grands génies du 20ème siècle.

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