Les Zombies au cinéma


S’il y a une chose qui marche aujourd’hui, c’est le zombie. Il n’y a que ça de partout, du jeu vidéo (une extension zombie à Red Dead Redemption ?! Sérieusement ?) au livre (cf World War Z ou The Zombie Survival Guide de Max Brooks) en passant naturellement par le cinéma. Mais n’allez pas croire que le phénomène soit récent, le zombie est un mythe vieux comme la mort qu’on peut retrouver autant chez les Vaudous que chez les Vikings, et qui fait des vagues cinématographiques depuis globalement les années 60 et le seigneur George Romero.

La question est : pourquoi ? Qu’est-ce qui fait que le zombie marche si bien ? Comment le genre a-t-il été conjugué ? Si tu n’es pas fan de zombie mais que tu veux découvrir, qu’est ce que tu devrais regarder ? Est-ce que le zombie est utile ? Mais c’est vraiment des films d’horreur ? Tentative de réponse dans la suite, mon ami(e).

Le Zombie Classique: Tout Romero.

George A. Romero peut être considéré come Mister Zombie. On lui doit l’hexalogie ( ?) des Morts-Vivants, c’est à dire Night of The Living Dead, Dawn of the Dead, Day of the Dead, Land of the Dead, Diary of the Dead et Suvival of the Dead. C’est lui qui a posé les bases du zombie lent et bête qui ne « vit » que pour dévorer le héros survivant de manière graphique et douloureuse, ou simplement transformer ledit héros en zombie à son tour. Oui, parce que la base de la plupart sinon tous les films de zombie est l’épidémie. C’est toujours soit un virus soit un truc inconnu qui se répand et détruit l’humanité, pour ainsi dire, d’où l’expression d’apocalypse zombie.

Mais coupons court aux présentations et passons aux films même, qui ont tous lieu dans le même contexte : l’Amérique, en proie à l’apocalypse zombie, à l’époque où le film paraît au cinéma, ce qui est plutôt important. Pourquoi, te demandes-tu ? Parce que Romero n’a fait aucun film de zombie innocent. Derrière le monstre qui bave se cache une critique parfois drôle, parfois franchement dérangeante mais toujours grinçante de la société occidentale, convoyée par l’horreur d’une situation où les hommes n’ont que très peu d’options.

Le zombie au cinéma a à mon sens démarré avec Night of the Living Dead (la Nuit des Morts-Vivants) en 1968. Ce film a posé les standards du genre, à savoir la main qui sort de la tombe, le huis-clos, les survivants qui sombrent peu à peu dans la folie… Tout est là pour inspirer 40 ans de films de zombies. C’est aussi le film qui donne le ton de tous ou presque tous les Romero qui suivront : des effets spéciaux désuets et assumés où les zombies déchirent explicitement de la mousse au ketchup, des endroits clos, des héros qui coulent peu à peu, et surtout toujours des situations qui appuient là où la société a mal. Ici, tout y passe : racisme, télévision, ignorance, militaires, religion… C’est dingue tout ce qui ressort lorsqu’on est certain de revenir en tant que monstre pourrissant une fois mort. Toujours est-il que si tu ne devais voir qu’un seul film de zombie dans ta vie, opte pour celui-ci. A savoir que tu peux le voir pour gratuit, la société de distribution originale ayant raté sa gestion administrative : le film est libre de droits.

C’est pas le cas des autres, mais crois-moi, certains valent l’investissement. Je pense notamment à Dawn of the Dead/Zombi, mon petit préféré. Romero nous replace dans le même contexte, donc les US en pleine fin du monde, sans pour autant faire une suite au premier film. C’est ça, les films d’horreur, on doit souvent recycler son cast. Les héros se sont réfugiés dans un centre commercial et refont leur petite vie tranquillement sans se préoccuper des centaines de zombies à l’extérieur qui font ce qu’ils savent le mieux faire : taper comme des sourds sur les grilles pour essayer de rentrer. Encerclés par la mort, ils se font une vie paradisiaque en essayant très fort d’oublier la réalité qui bave et gémit à l’extérieur, et qui va les rattraper tôt ou tard… Quelqu’un a dit « Etats-Unis » ?

Zombie est vraiment un excellent film, je ne vais pas m’étendre là-dessus, et c’est peut-être le plus fin de la série, en tout cas le plus réfléchi et sans doute le plus fun à regarder. Ce qui ne s’applique malheureusement pas aux deux suivants, Day of the Dead et Land of the Dead. Le premier est une satyre anti-militariste presque comique tellement elle est grossière, entre les personnage caricaturaux (le capitaine psychopathe, le second épais comme du cirage, le reste de l’unité en manque de sexe…), la fréquence des différentes déclinaisons de « fuck » et la profondeur du message (« les militaires sont des bêtes ! Il faut s’en méfier !), bref à regarder parce que ça reste un Romero et qu’il a bien ses passages d’anthologie, mais sans plus.

Le second est le film le plus cher de Romero avec un budget de plus ou moins 15 millions de dollars, et je crois que ça a tué le film. Autant quand il avait peu d’argent, Romero misait sur l’ambiance et le cynisme pour faire un super film, autant dès que les effets spéciaux peuvent suivre, il pond un bon gros nanar d’action, creux comme pas permis, en gros tout juste bon à regarder devant une pizza avec des copains sans trop réfléchir. Land of the Dead a aussi ses bons points, comme Asia Argento, Dennis Hopper, Asia Argento, de bons maquillages/effets spéciaux et Asia Argento.

C’est sur ce point positif que j’enchaîne sur le dernier Romero que j’ai vu, Diary of the Dead, qui pour le coup est top. Autant le concept a été inventé avec Blair Witch, autant le coup de la caméra portée par un des personnages colle vraiment bien au thème, tout en donnant un film moins abruti que Rec, par exemple. La grande prouesse de ce film est de rendre la descente aux enfers du héros palpable, et on termine le film sur un sentiment de malaise instillé de main de maître.
Pour en terminer avec Romero, je finirai donc sur le dernier mot du paragraphe précédent : « Maître ».

Si tu as aimé un des 5 films ci-dessus, tu peux avoir envie de voir ce que Fulci a fait, ou bien rester sur du Romero et trouver The Crazies, qui pour le coup est un film d’horreur plus conventionnel mais très efficace.

Le Zombie qui fait peuuuuuur, et son demi-frère maléfique le Zombie gore : Rec, 28 Days/Weeks Later, Braindead/Dead Alive

Il faut dire que le zombie, à l’origine, c’est quand même un genre de cadavre revenue à une sorte de vie qui veut absolument te magner le cerveau. De là à faire un film d’horreur, il n’y a qu’un tout petit pas.

Alors je sais que « zombie » a pris plusieurs sens au fil des ans, et que pas mal de puristes considèrent que ce qui nous est présenté dans Rec et 28 Days/Weeks Later, ce ne sont pas vraiment des zombies, plus des enragés. Moi, à partir du moment où un truc qui a été humain se met à baver du sang et continue à essayer de me bouffer après s’être pris une douzaine de balles dans le corps, je le mets dans la catégorie « zombie ». D’où la légitimité de ces trois films dans la thématique.

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer avec ce qui fait mal, c’est à dire Rec, que je n’ai pas aimé du tout. Le film est très bien fait, il doit se composer de 3 ou 4 plans-séquence à tout casser ce qui est une vraie performance, il est stressant comme pas permis, on ne l’oublie pas vite, mais au final j’ai l’impression de n’avoir rien gagné au visionnage. C’est sans doute que je ne suis pas un grand fan du film d’épouvante, qui ne m’apporte pas vraiment ce que je cherche dans un film, à savoir une plus-value soit émotionnelle soit intellectuelle. Là, je sors de la séance en sachant que 12 Espagnols dans un immeuble avec des zombies crient très fort. Youpi.

Etant donné que je n’aime pas (trop) flipper devant un film, il n’y avait plus rien pour sauver Rec à mes yeux. Par contre, je le répète, c’est un bon film que je conseille aux amateurs de sueurs froides. Pour les autres, allons plutôt voir les deux 28 quelque chose Later.

Des deux, mon préféré reste 28 Days Later, c’est même un de mes films préférés tout court. Cillian Murphy est génial dedans, et le film est juste un ovni dans le monde du zombie. Presque pas de jurons, très peu d’armes à feu, peu de zombies (sisi, juré !), et une ambiance tout bonnement incroyable. Onirique, apocalyptique, oppressante, invraisemblable. Ne serait-ce que pour le premier quart d’heure dans Londres déserte, il faut voir ce film.

Je ne vais pas parler du pitch, qui est relativement classique. Je dirai simplement que 28 Days Later est un de ces films où rien n’est noir ou blanc, où tu sais pas qui détester, qui va mourir, qui devrait mourir, où toute l’histoire va, où tu vas hurler « c’est pas JUSTE je regarde plus jamais ce truc » mais tu le re-regarderas encore. Bref, une dernière fois pour la route, regarde 28 Days Later.

Le petit frère se défend, aussi. 28 Weeks Later fouille beaucoup plus le filon épouvante, notamment via deux héros enfants, mais qui a pour mérite supplémentaire de donner une dimension humaine aimable à des militaires. Je sais pas si t’as suivi mais depuis le début, c’est pas vraiment le cas. Je n’ai pas trouvé ce film aussi marquant que son prédécesseur, mais il vaut le détour tout de même. N’y attends pas une suite du premier, qui n’en appelle pas de toute manière, mais plutôt une parallèle, presque aussi dérangeante.

Et en parlant de dérangeant, je termine la rubrique par le film de zombies de Peter Jackson, à savoir Braindead (1992). Je vais pas m’étendre longtemps dessus, parce qu’il n’y a pas grand-chose à en dire à part que lorsque tu crois qu’ils ont tout fait, qu’ils sont allés aussi loin que la décence ne le permet plus, bah non, ils vont plus loin. C’est un film gore à l’absurde, plus gore que n’importe quel autre film de zombies, qui aurait tout aussi bien pu aller dans la rubrique suivante car je me suis fêlé une côte en le regardant. A voir pour les gens qui souhaiteraient changer de regard sur les tondeuses à gazon.

Le Zombie Rigolo : Shaun of the Dead, ZombieLand, Planet Terror

Ca marche bien, les zombies, comme dit plus haut. Et dès qu’un truc marche, il faut que de petits malins fassent des parodies avec. Bénis soient les petits malins, ces trois films sont d’authentiques merveilles.

Shaun of the Dead, d’abord. L’équipe a pris tout ce qui peut faire un bon film de zombie à la Romero, y colle un pitch de « comédie romantique », tourne en dérision systématique à peu près tous les clichés du genre et pond un film magistral. Si tu connais quelqu’un qui a été traumatisé par les zombies, ce film est cathartique. Suivre deux losers qui vont se réfugier avec leur famille de bras cassés dans le seul endroit qui leur est familier dans une Londres aux mains des cadavres, jouissif. Quand en plus tout est un prétexte pour se tirer dans les pattes, ça devient grandiose. Je n’ai plus qu’une chose à dire, « we kill Patrick ».

Et après ça, si 28 Days Later en prenait pour son grade aussi, tiens ? Et si on prenait Jesse Eisenberg et Woody Harrelson, qu’on y ajoutait des zombies en mode enragé, et qu’ils accompagnaient deux nanas vers un parc d’attractions qui serait le dernier endroit non-infecté ? Je sens que ça te tente, et heureusement que ça a tenté des producteurs aussi, parce que tout seul t’aurais pas fait Zombieland. Je le mets facilement dans les 3 films les plus drôles de 2009. Zombieland a comme plus-value une réalisation et des effets spéciaux impeccables, pas surabondants mais placés juste où il faut, des répliques cultissimes, des Twinkies, et un générique qui tue. A regarder après 28 Days, ça prend encore plus de saveur.

J’en viens au dernier film de cette rubrique et a fortiori de la thématique, à savoir l’excellent Planet Terror de Robert Rodriguez, le super poteau de Tarantino. Il faut savoir que Planet Terror faisait en fait partie d’un tout appelé Grindhouse, co-produit et co-réalisé par Rodriguez et Tarantino où Rodriguez ferait donc Planet Terror et Tarantino Death Proof (Boulevard de la Mort). Les deux films devaient être diffusés ensemble, séparés par de fausses bandes-annonces à pleurer de rire (dont l’excellente Machete, qui sort en vrai film courant novembre), l’expérience durait au total 3h30 et devait être absolument awesome. Malheureusement ça a mal marché aux US, et ici les deux films sont sortis séparément, ce qui n’enlève rien à la puissance brute de Planet Terror. C’est gore, c‘est stupide, c’est drôle, ça change la vie et les zombies.

Je vais m’arrêter là sur le sujet, j’en ai déjà écrit des pages et je pourrais continuer longtemps. J’aimerais simplement terminer en disant que les films de zombies ne sont pas que des trucs de geek en mal de violence, ce sont aussi de bons films qui ont pour la plupart quelque chose de vrai à apporter, que ce soit du rire, des larmes, des crises d’angoisse ou que sais-je encore. En bref, ne passe pas à côté sur de bêtes préjugés, tu pourrais rater un bon moment.

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