Les séries et nous …

Séries TV : plus qu’une mode, un véritable phénomène …

Il suffit de voir l’audience que certaines séries récoltent aux Etats-Unis pour imaginer leur impact : 51 millions d’Américains devant le dernier épisode de Friends ! Véritable engouement à l’image du phénomène qu’a engendré la diffusion de Lost sur TF1.Idem pour les femmes de Desperate Housewives qui rassemblent à elles seules le quart des abonnés de Canal + , un record !

Phénomène de société autant que médiatique, les séries ont littéralement explosé sur nos écrans depuis une dizaine d’années. De secondaires, elles sont devenues bien souvent le principal « programme d’appel » de la télévision. Lost, 24h, les Experts, Desperate Housewives, How I met your mother, et tant d’autres… passionnent la planète entière et la machine qui se renouvelle n’est pas prête de s’arrêter! Suivies avec passion par toutes les classes et tous les âges de la population, les séries télévisées font donc désormais partie intégrante de nos sociétés.
Ainsi, on peut se demander si leur succès ne tient pas justement du fait qu’elles répondent à certaines attentes liées à nos modes de vie. Néanmoins si les séries semblent être le reflet de l’évolution de notre société, elles influencent elles-mêmes cette dernière.
De fait pour de nombreux téléspectateurs, l’addiction n’est pas loin ! De saison en saison, on s’attache aux personnages et on s’approprie leurs malheurs et leurs bonheurs.
Ainsi le phénomène ‘série’, aussi diversifié que florissant, semble aujourd’hui incontournable !

Pourquoi un tel engouement pour le format ‘série’?

Le terme « feuilleton », qui qualifie aujourd’hui nos fictions télévisuelles, est à la base issu des romans écrits au XIXe siècle par Gustave Flaubert ou Charles Dickens qui publiaient (pour des raisons économiques) leurs romans chapitre après chapitre dans les journaux et faisaient évoluer l’intrigue sur des années, laissant leurs lecteurs en haleine. Les séries télé sont donc l’évolution logique des romans de l’époque.

Les séries un format plus créatif…
Depuis Dallas et La Petite Maison dans la prairie, les producteurs n’ont pas lésiné sur la création de nouvelles séries, notamment et surtout américaines…
De nos jours, certaines séries sont de meilleure qualité que d’autres films, d’autant plus qu’elles bénéficient d’une liberté de ton plus grande que les fictions des salles obscures. En effet, il y a tellement d’argent en jeu au cinéma qu’on y prend de moins en moins de risques, alors que les chaînes câblées américaines comme HBO (True Blood, Entourage, The Sopranos How to make it in America) n’hésitent pas à pousser la créativité à son paroxysme.
A l’image de la société américaine, les séries sont parfois très puritaines et conservatrices, comme le bon vieux Sept à la maison ou totalement provocantes, tel que le transcendant Six Feet Under. Dans ce cas, on peut même aller jusqu’à dire qu’elles ont un temps d’avance sur la société. Des séries comme Queer as Folk et plus récemment The L World osent traiter ouvertement le thème de l’homosexualité.
Les séries : un business donc rentable (alliant souvent qualité et économies)…
… d’autant plus qu’on peut le décliner en divers produit dérivé (sur papier notamment).
Un tel phénomène engendre nécessairement des retombées sur d’autres supports. Chaque série possède plusieurs guides à l’usage de ses fans, parfois elles font même l’objet d’une adaptation en romans de poche, telles que Alias et Newport Beach, Desperate Housewives…
Aujourd’hui, les bandes dessinées ont aussi la cote, (adaptation : Experts, 24 heures chrono, Léa Parker…), mais l’intrigue et les graphismes sont d’une telle pauvreté qu’il est difficile d’y voir plus qu’une opération commerciale fort lucrative. On va enfin jusqu’à adapter les séries cultes au cinéma avec un Box Office assuré à la clef (Sex and the city 1&2) !Que ce soit sur papier, à la télé ou au ciné, il n’y a plus de limites à l’art… ou au commerce ?
A chaque série son public ! La série : une formule qui répond à une demande diversifiée
Sitcoms, soap operas, séries TV, sagas de l’été, téléfilms proposent pléthore d’atmosphères, d’intrigues, de dialogues et de personnages. Alors, pour tous ceux qui sont encore dubitatifs, écoutez cet adage du kitchissime Ridge Forester de l’immuable Amour, gloire et beauté : il y a forcément une série qui, quelque part, est faite pour vous. Ainsi, la force des séries en particulier américaine est de savoir cibler cette demande des téléspectateurs parfois implicite ou en devenir (anticipant alors les évolutions de la société), une demande que les séries américaines savent très bien exporter !
Chaque série répond ainsi à une attente particulière ; Besoin d’excitation qui nous change du train-train quotidien (24h, Lost et séries policières en général…), Besoin de justice, d’émotion et de nostalgie, Cold Case est là, Besoin de soins et envie de comprendre la nature humaine -d’où peut être le nombre de séries médicales de ces dernières années initiées par Urgence-, Grey’s anatomy nous fait toujours verser une petite larme à la fin de chaque épisode…

En quoi les séries nous marquent-elles tant ?

L’impact des séries
Les séries sont là pour répondre à des besoins existants tout en les renforçant ou en créant de nouveaux. Elles influencent tout autant nos modes de vie qu’elles n’ont elles-mêmes été influencés par ces derniers ! Pour exemple, Gossip Girl qui relate la vie ultra médiatisée de la supposée haute bourgeoisie New Yorkaise illustre et renforce à la fois l’omniprésence des réseaux sociaux et autres moyens de communication dans nos vies aujourd’hui… Alors quelle est le lien de causalité, on s’y perd ! Pour preuve, aujourd’hui le terme de ‘Desperate Housewives’ est presque passé dans le langage courant.
Parfois, les séries servent aussi à faire évoluer la société, ainsi Sex and the City a permis à des générations de fan de se décomplexer vis-à-vis des mœurs amoureux…
Bref il semble que les séries aient acquit un vrai rôle social, surtout maintenant qu’elles abordent des sujets plus osés ou mettent en scène des personnages moins ‘politiquement corrects’, plus complexes et donc plus intéressants à étudier… (Dr House, Dexter (ou comment s’attacher à un tueur en série…), Weeds, Nip/Tuck, Breaking Bad, Mad Men, Californication…). Sont ainsi mis en avant de vrais débats ou sujets de société : la drogue, le meurtre mais aussi l’hypocrisie, l’apparence, la solitude, la confiance, la profondeur des relations humaines… et bien d’autres.

Des séries aujourd’hui de réelle qualité…
Les années 1990 ont marqué un premier tournant à la télévision en renouvelant chaque genre avec Friends pour l’humour, X-Files pour le fantastique, Buffy contre les vampires pour le mélange des genres et Sex & the City pour le traitement osé du sexe. Les années 2000 ont tourné une nouvelle page dans l’histoire des séries en les faisant passer du statut de « sous-genre culturel » à celui de création artistique à part entière.
Les séries dramatiques ont subi un véritable lifting, dans le fond comme sur la forme. En effet, les Américains mettent à présent l’accent sur l’originalité et l’anticonformisme. Certains créateurs de séries revendiquent d’ailleurs des inspirations littéraires. Ainsi, J.J. Abrams, créateur de Felicity et d’Alias, a parsemé Lost, son dernier succès, de références au roman Sa Majesté des mouches de William Golding (même situation initiale, mêmes types de personnages…). Pas étonnant donc que les scénaristes du cinéma s’intéressent de plus près au petit écran. Ainsi, The Shield a été élue meilleure série de l’année par le prestigieux magazine américain « Time », et Breaking Bad, Mad Men , The Wire sont plébiscités parmi tous les professionnels du cinéma.
Les séries semblent donc avoir acquis ces dernières années leurs lettres de noblesse grâce à des acteurs talentueux et à des scénarios captivants, dignes de ceux du 7e art, souvent issus de l’imagination de plusieurs auteurs.
Qu’on se le dise : l’art est plus présent dans le petit écran qu’il n’y paraît. Bienvenue à l’Art cathodique !

Dans ce nouveau paysage, on est obligé de noter la dominante des séries américaines, en audiences mais surtout en qualité. La France au mieux en retransmettant, au pire en copiant reste à la traîne question créativité. Il faut néanmoins prendre en compte les efforts de chaînes privées comme Canal+ avec des créations originales comme Engrenages, ou encore Mafiosa, très prometteuses mais encore trop peu connues…

Ainsi ce petit retour sur le phénomène ‘série’ que nous vivons aujourd’hui voulait commenter ces nouvelles formes narratives et esthétiques qui nous attirent de plus en plus jusqu’à faire partie prenante de nos modes de vie… Les séries n’ont désormais rien à envier au cinéma : économiquement rentables, artistiquement irréprochables pour certaines et même socialement désirées… Les séries se sont bien installées dans le paysage audiovisuel de nos sociétés et y ont acquis une légitimité qui devrait durer !

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