Le cercle des poètes disparus – Dead poets society


Il y a des livres qui sont si extraordinaires que l’on ressent le besoin de les adapter en film. On peut citer, pêle-mêle, Autant en emporte le vent, Le seigneur des Anneaux, le Parfum ou même une bonne partie des romans de Stephen King. Mais, si peu courante qu’elle soit, l’opération inverse peut également se produire : certains films sont d’une telle qualité qu’ils finissent par être adaptés en livre. C’est le cas du Cercle des poètes disparus (Dead Poets Society en version originale). Ce chef d’œuvre de la fin des années 80 a en effet marqué les esprits à tel point que Nancy H. Kleinbaum en a fait un roman qu’elle a publié un an après la sortie du film. Notons que Le Cercle des Poètes Disparus a reçu l’oscar du meilleur scénario original en 1989 et le César du meilleur film étranger en 1990 (entre autres).

Dans l’académie de Welton, établissement américain austère et traditionaliste qui prône l’excellence, l’arrivée de M. Keating va bouleverser la vie des élèves. Ce professeur d’anglais va les initier à l’Epicurisme (« cueille aujourd’hui les roses de la vie », « carpe diem »), à l’anticonformisme, et va leur apprendre à être des libres penseurs à travers la poésie. Nous suivons alors, tout au long du récit, les parcours respectifs de quelques-uns de ses élèves qui mettent en application son instruction et ses conseils, formant un petit groupe de poètes qui s’appliquent chaque jour à « sucer la moelle de la vie », jusqu’à ce que l’un d’entre eux, Neil Perry, en subisse les conséquences. La liberté de penser prônée par le petit groupe mené par Neil – le Cercle des poètes disparus – n’est pas au goût de tous, en particulier son père qui, en dépit de la passion de Neil pour le théâtre, le voit médecin et lui interdit absolument toute autre vocation.

Ce chef-d’œuvre a réussi le pari de montrer l’enseignement sous un jour éclatant, même aujourd’hui tandis que de plus en plus de jeunes déblatèrent contre les professeurs. Mais ce n’est pas n’importe quel enseignement qui est mis en avant : il s’agit de la méthode humaniste, celle dont Montaigne faisait l’éloge ! Apprendre à penser avant d’apprendre à savoir. Car, comme le disait Rabelais dans Pantagruel, « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »… Robin Williams endosse avec maestria ce rôle de professeur humaniste, oscillant entre le poète et le philosophe. Il donne à son personnage, M.Keating, un charisme et une force tout simplement époustouflants, si bien qu’il semble être disposé à offrir le salut de l’âme de ses élèves, lesquels étaient jusque-là cloîtrés dans l’obscure prison de la tradition et de la conformité.

Cependant le réalisateur Peter Weir ne se contente pas de louer la libération spirituelle par l’humanisme : il critique également le traditionalisme abusif, lui reprochant d’être une entrave à l’épanouissement de soi et d’un développement harmonieux de l’esprit. Cela peut se remarquer à la manière dont les élèves de Keating, jusque-là travailleurs et dociles, deviennent audacieux et entreprenants, dépassent leurs peurs et leurs faiblesses pour accomplir des miracles.

Engagé et engageant, ce film offre un excellent compromis entre des scènes hilarantes et des moments dramatiques, entre un divertissement pour tous publics et une réflexion sur l’éducation. Mené par une équipe d’acteurs extraordinaires (notamment Ethan Hawke, âgé de 19 ans à l’époque, qui a propulsé sa carrière grâce à son rôle d’élève timide et sensible), le Cercle des poètes disparus est à voir et à revoir, seul ou à plusieurs ; il devrait même être du devoir des écoles de le montrer aux enfants et aux adolescents !!!

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Fiche technique :
Titre : Le Cercle des poètes disparus
Réalisation : Peter Weir
Scénario : Tom Schulman
Producteur : Steven Haft, Paul Junger Witt et Tony Thomas
Musique : Maurice Jarre (le père de Jean-Michel Jarre, si si !)
Photographie : John Seale
Montage : William M. Anderson
Genre: Drame
Durée : 128 minutes

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Some books are sometimes so extraordinary that you feel the need to adapt them into films. It would be easy to quote, here and there, Gone with the wind, Lord of the Rings, Perfume, and a good part of Stephen King’s novels. However, though quite uncommon, that can happen the other way around. Such is the case of Dead Poets Society. This masterpiece, which dates back to the end of the eighties, was so strongly reminded that Nancy H. Kleinbaum wrote the novel one year after the film was released. Amongst other titles, Dead Poets Society received an Academy Award for Best Original Screenplay in 1989 and a Cesar for Best Foreign Film in 1990.

Welton Academy is a stiff and traditionalist school advocating excellent achievements; Mr. Keating’s arrival suddenly changes its student’s lives. This English teacher initiates them to Epicurianism (“seize the day”, “carpe diem”), to nonconformism and teaches them to become free-thinkers through poetry. The movie relates the story of some of his students following his instruction and his advice, forming together a little group of poets, trying to get the best out of life, until one of them, Neil Perry, suffers the consequences of it. Their free-thinking, advocated by the little group that Neil leads – Dead Poets Society –, does not appeal to everyone, and especially his father. Despite Neil’s passion for theater, he wants him to become a doctor and forbids him to look for any other vocation.

This masterpiece has succeeded in betting that teaching can be showed in a positive light, even today, whereas more and more young people rant on about teachers. But it is not as if Peter Weir, the director of the movie, underlined any teaching; it only is the humanist method’s case, advocated by Montaigne! It says that you must learn to think before you learn to know. As Rabelais said in Pantagruel, “Science without conscience is the soul’s perdition”… Robin Williams takes on this humanist teacher’s role brilliantly, oscillating between poetry and philosophy. He gives to his character, Professor Keating, an amazing charisma, so that he seems to be able to offer the salvation of his students’ soul, which have been shut away in tradition and conformity.

However Peter Weir does not content himself with praising the spiritual release through Humanism; he criticizes also excessive traditionalism, reproaching it to be a hobble to self-flowering and harmonious development of spirit. It can be noticed by the way Keating’s students become bold and enterprising after being hard-working and docile, and now they exceed their fears and weaknesses in order to accomplish miracles.

This movie is as engaged as it is engaging, and it gives us an excellent compromise between hilarious scenes and dramatic moments, between a general public entertaining and a thought about education. Led by a team made of extraordinary actors (in particular Ethan Hawke, who really started his career with this movie), Dead Poets Society is a movie everyone has to watch and watch again; it even should be a duty for schools to show it to children and teenagers!!!

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Features:
Title: Dead Poets Society
Directed by: Peter Weir
Scenario: Tom Schulman
Producer: Steven Haft, Paul Junger Witt and Tony Thomas
Music: Maurice Jarre
Cinematography: John Seale
Editing: William M. Anderson
Genre: Drama
Running time: 128 minutes

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