Je veux une peau d’ours

Il y a trois trucs que j’adore voir au cinéma : les westerns, les frères Cohen et Jeff Bridges. Egalement, ya un truc que je regarderais même sur mon iPod avec un seul écouteur dans un TER en tchèque, c’est un film des frères Cohen avec Jeff Bridges. Pour la petite histoire j’ai dû voir The Big Lebowski 6 ou 7 fois en me marrant toujours autant.
Alors franchement, imaginez l’hystérie quand on m’a dit que Jeff Bridges jouait dans un western des frères Cohen. C’était un peu Noël en février avec mon anniversaire et une bar mitzva dessus. Du coup, je suis allé voir True Grit en sachant que je ne pourrais jamais au grand jamais sortir de la salle avec un avis négatif et que je ne verrais probablement pas les éventuels défauts d’un film qui démarre aussi fort. Aussi, ne vous attendez pas à une critique polémique de True Grit qui irait à contre-courant de l’avis général, j’ai juste adoré.
On passera sur le scénario, de toute façon l’idée ne vient pas d’eux. Pour ceux d’entre vous qui habitent une des rares grottes sans Wi-Fi en France, c’est un remake d’un western avec John Wayne de 1969, lui-même adapté du bouquin de Charles Portis paru en 1968. L’extraordinaire force du film vient presque uniquement des personnages : le casting a été très bien fait, et tous les acteurs semblent avoir été taillés pour leur rôle. Je veux dire, je suis persuadé que la seule raison pour laquelle Jeff Bridges a vieilli était qu’il avait décidé qu’un jour il jouerait Rooster Cogburn et qu’il lui fallait un look d’alcoolo psychopathe avec un bon fond. La seule raison pour laquelle Matt Damon ne s’est jamais laissé pousser une moustache (à part que ça lui va pas du tout) est qu’il voulait laisser la surprise au monde en prévision de son rôle en tant que Texas Ranger à moustaches imblairable. La seule raison pour laquelle Josh Brolin a le front bas est qu’il a décidé tout petit qu’il lui fallait un plus pour jouer un outlaw arriéré.
Délire à part, le film est vraiment construit sur les acteurs, et les frères Cohen semblent bien avoir compris que tourner juste un western spaghetti avec des gentils gentils et des méchants méchants en 2011 aurait fait un beau flop. En plus, on parle des frères Cohen quand même. Ils n’allaient pas faire un film conventionnel. Concrètement, inclure un chamane hippie halluciné qui s’habille avec une peau d’ours n’apportait rien à l’histoire, pourtant c’est un extraordinaire moment de cinéma. Et puis quelque part, on outrepasse un peu le western classique. Quand on tue quelqu’un dans un western classique, il meurt dans un nuage de fumée, et on peut pousser le vice à tacher sa chemise de sang. Quand on tue quelqu’un dans un western Cohen, il prend une balle dans le visage qui l’envoie éclabousser le mur. C’est un autre niveau.
Enfin bref, vous l’aurez compris, le western Cohen j’achète et je rachèterai sans réserves. Je pourrais continuer longtemps et passer aux décors, à la photographie, à la musique et à la fin, mais je pense qu’on va arrêter les frais ici. Courez-y.

Vince

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