Les Femmes du 6ème étage


Comédie française, de Philippe LE GUAY, avec Fabrice Luchini, Sandrine Kiberlain, Carmen Maura, Lola Duenas, durée 1h46.
Synopsis :
Paris, années 60. Jean-Louis Joubert, agent de change rigoureux et père de famille « coincé », découvre qu’une joyeuse cohorte de bonnes espagnoles vit… au sixième étage de son immeuble bourgeois. Maria, la jeune femme qui travaille sous son toit, lui fait découvrir un univers exubérant et folklorique à l’opposé des manières et de l’austérité de son milieu. Touché par ces femmes pleines de vie, il se laisse aller et goûte avec émotion aux plaisirs simples pour la première fois. Mais peut-on vraiment changer de vie à 45 ans ?


_________________________________________________________________________________
Critique :
L’histoire est on ne peut plus simple … Et tant mieux ! Pour une fois qu’une comédie française arrive à être légère sans pour autant être vide et déséquilibrée dans l’écriture.
C’est une histoire d’amour improbable entre un homme aisé et une bonne espagnole. C’est aussi l’histoire d’une vie… ou plutôt de vies. Celle de la bourgeoisie parisienne des années 60, mondaine et empreinte d’ennui. Et celle de femmes espagnoles venues tentées leur chance dans la capitale française, en quête de travail pour se payer des jours meilleurs. Le film traite divers sujets : l’amour, l’adultère, la réussite sociale, la pauvreté, le Franquisme, le courage, les mœurs.
Mais jamais le réalisateur ne tombe dans le manichéisme ou le drame de la société inégalitaire. Au contraire : ce joli monde bipolaire vit harmonieusement dans l’immeuble de la famille Joubert. Les patrons sont intrigués et admiratifs ; les espagnoles sont joviales, travailleuses, pleines d’intelligence et d’humilité, … et savent avoir le dernier mot !
Le sujet est traité avec humour et intelligence, ce qui donne tant de fraicheur au film. Coup de cœur pour le personnage de Dolores (l’espagnole corpulente à l’accent et aux émotions exagérés), qui est souvent à mourir de rire.
Au niveau des acteurs, on retrouve le fantastique Fabrice Luchini (que l’on aime, ou que l’on n’aime pas), dans un rôle touchant et très « précieux » comme il sait si bien le faire. Sandrine Kiberlain, parfaite en femme mondaine à côté de la plaque. Mais le film ne serait rien sans ces actrices espagnoles (qui tournent en français, tout de même !), dont figurent quelques muses de Pedro Almodovar : Carmen Maura (Matador – Volver) et Lola Duenas (Volver – Yo, Tambien). Coup de cœur pour le rôle principal féminin, Natalia Verbeke (encore inconnue du public français), qui participe à la fraicheur et à la justesse du film.
Conclusion : ce film est léger, simple, juste, et nous fait du bien ! Que demander de plus ? C’est clairement une comédie romantique française réussie.
_________________________________________________________________________________
Note : 8/10
Marine

Publicités
Comments
One Response to “Les Femmes du 6ème étage”
  1. Romain dit :

    Ma critique :

    1962, Paris. Jean-Louis Joubert (Fabrice Lucchini) est un agent de change qui vit dans un appartement bourgeois avec sa femme Suzanne (Sandrine Kiberlain). Le couple est un véritable petit concentré d’aristocratie ; Madame se livre aux commérages avec ses amies (qu’elle vouvoie, bien sûr) lors d’une partie de bridge ou d’une visite de musée. Elles utilisent de mots comme « outré » et « solennellement ». Monsieur se plaint auprès de sa bonne : « Germaine, combien de fois je vous ai dit ; la cuisson des œufs coque c’est trois minutes et demie, c’est pas dix, c’est pas cinq, c’est pas quatre… » (sic). Suzanne faisant réaménager la chambre de la mère défunte de Jean-Louis, au grand dam de Germaine, qui sert la maison Joubert depuis des décennies et voit la un manque de respect à sa mémoire, la vieille bonne décide de démissionner.

    Pour la remplacer, Suzanne et Jean-Louis embauche Maria, une jeune bonne espagnole, qui fait tout à la perfection. Jean-Louis est donc aux anges en mangeant son œuf coque, et il s’éprend rapidement de cette mystérieuse Maria (Natalia Verbeke). Il découvre alors qu’au 6ème étage de son immeuble, juste au-dessus de sa tête, vivent une dizaine de bonnes espagnoles, qui font leur toilette sur le palier et disposent d’un seul WC… bouché. Pris dans un mariage qui ne va nulle part, Jean-Louis s’intéresse à ce groupe de femmes vivantes, et se détourne progressivement de son milieu patronal pour les aider et passer du temps avec elles…

    Les Femmes du 6ème étage est un film des plus français, mais de ceux qu’on aime. Il est remplit d’humour et de tendresse, et Fabrice Lucchini n’y est pas pour rien. Acteur exceptionnel, homme de culture et de théâtre, Lucchini est un phénomène qui provoque la fascination à chaque passage sur un plateau télé. Dans ce film, il affecte les mêmes manies et langage patronal qu’avec son personnage dans Potiche (François Ozon, 2010), pour notre plus grand régal. On rit à haute voix de certaines répliques particulièrement outrées. Sandrine Kiberlain joue à merveille le rôle exécrable de Suzanne, qui se plaint à sa bonne (qui travaille de 8h à 18h), en s’effondrant sur son lit, qu’elle a passé une journée exténuante… C’est sûr, aller chez le couturier puis acheter des fleurs, c’est fatiguant. Mais ce qui fait encore plus la réussite du film, comme l’a dit Lucchini dans des interviews, c’est ce côté vivant de l’Espagne, manifesté par les bonnes du 6ème étage, mais aussi son côté humain, notamment celui de la souffrance (celle de leur travail comme celle de la Guerre d’Espagne). On comprend pourquoi le personnage de Jean-Louis devient l’ami de ces dames, elles sont toutes simplement à croquer tant elles ont à offrir en terme d’émotions. Ne tardez donc pas, regardez Les Femmes du 6ème étage, seul, en famille, ou entre amis ; vous êtes partis pour une bonne dose de rigolades et si le film parvient à vous rapprocher, tant mieux, c’est le but.

    Note : 8,5/10

    Romain.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • Ils nous soutiennent

%d blogueurs aiment cette page :