Bored to death

Si vous commenciez à vous languir des séries TV américaines, passant d’un clone à l’autre, nous avons enfin trouvé une série rafraîchissante : Bored to Death. Quel plaisir ! Cette série se situe tout simplement un cran au dessus des autres. La composition des images (mi cinématographique, mi pop-art), la musique, la narration, le jeu des acteurs, tout respire l’originalité, tout en jouant sur le schéma préétabli des histoires de détective. Déjà deux saisons ont été diffusées, chacune comprenant 8 épisodes de trente minutes chacun.

Bored to Death est né de l’imagination d’un auteur/raconteur, Jonathan Ames, qui s’est fait connaître pour ses romans et mémoires comiques. Cette qualité authentique et comique se retrouve dans la série, et c’est en partie ce qui fait sa fraicheur.

Bored to Death raconte l’histoire d’un romancier juif de 30 ans vivant à Brooklyn et en panne d’imagination. Cet écrivain s’appelle… Jonathan Ames. Et il est joué par un acteur venant du monde du cinéma, et pas des moindres : le fabuleux Jason Schwartzman, auquel on s’attache très facilement. Un autre acteur du cinéma que l’on aime le rejoint, comme son meilleur ami : Zach Galifianakis, dont on aura découvert la barbe dans le film Very Bad Trip (The Hangover). Il joue Ray, un dessinateur de comics ayant inventé le personnage de Super Ray, un super héro à son effigie mais disposant d’un pénis géant dont il se sert comme une arme. La réunion de ces deux acteurs fantastiques annonçait déjà une série pas comme les autres. L’excellent Ted Danson, habitué des séries, les rejoint, jouant Georges, le boss et ami proche de Jonathan Ames, et le rédacteur en chef du magazine fictif Edition. A 62 ans, Georges est encore un coureur de jupon, un joyeux fêtard et avide de nouvelles expériences. Et comme si ce n’était pas assez, les trois amis fument de la marijuana comme l’on fume des cigarettes dans Mad Men.

Suite à la rupture entre Jonathan Ames et sa charmante petite amie, Suzanne, et son incapacité à se mettre sérieusement à l’écriture de son second roman, Jonathan se retrouve avec du temps libre sur les bras. Quand il ne fume pas un joint, il s’ennuie. Sur un coup de tête, il décide donc de poster une annonce sur Craiglist proposant ses services en tant que détective privé « sans licence ». Seulement voilà, ce qu’il a appris du métier, Jonathan l’a appris en lisant des histoires de détectives. Il ne sait pas se battre, court comme une petite fille, et est tout simplement trop gentil. En voyant Jason Schwartzman, pensez-vous vraiment qu’il pourrait faire de mal à une mouche ? Néanmoins, Jonathan parvient à résoudre ses deux premières affaires, une personne manquante et un amant trompeur respectivement.

A chaque épisode, Jonathan est chargée d’une nouvelle affaire, toutes tournant soit autour d’une histoire d’amour, soit de la recherche d’une personne, soit de quelque chose qui a été volé et qu’il faut récupérer. Petit à petit, ces deux amis, Ray et Georges se joignent à ses aventures. En parallèle de ces histoires ponctuelles, les trois hommes tentent tout au long des deux saisons de faire face à des histoires amoureuses difficiles. Jonathan tente de relancer sa relation avec Suzanne, Georges doit supporter le remariage de son ex-femme avec son rival du magazine GQ, et Ray perdure dans sa relation avec Leah, mère de deux enfants (et qui n’en veut pas d’autre), et ne partageant pas la même libido que notre petit gros favori.

Mais les trois hommes rencontrent aussi l’adversité dans le domaine qui les unit : l’écriture. Le magazine de Georges est en difficulté, et Richard Antrem, le mari de son ex-femme et éditeur de GQ n’en rate pas une pour le narguer. Ray voit son comic rejeté (mais ce n’est que partie remise… le succès viendra dans la seconde saison). Et Jonathan doit vivre avec les commentaires acerbes, perfides et sarcastiques constants de Louis Green, critique littéraire se présentant comme l’ennemi juré de Jonathan, ayant écrit une critique destructive du premier roman de Jonathan.

Vous l’aurez compris, les scénarios de Bored to Death sont délicieux. Il y a tout : dynamisme, comédie, originalité… On ne s’ennuie jamais. Les répliques sont génialissimes (Zach Galifianakis qui casse avec une jolie femme… oui vous avez bien lu : « it’s not me, it’s you. »). Les personnages sont développés à merveille et l’on s’identifie à eux dès les premiers épisodes. Par exemple, Jonathan Ames à la tendance de partir dans des digressions sur son écriture (son regard commence alors à partir dans la lune), que ce soit face à ses clients ou face à ses geôliers. Digressions qui sont toujours coupées par un « Yeah. I don’t care. » Georges lui, prend toujours un air un peu surpris et fasciné, la bouche constamment ouverte, et vu qu’il est toujours à moitié défoncé, son flot de paroles nous vient comme un vrai divertissement. Les relations d’amitié sont aussi très bien développées dans Bored to Death, et c’est un autre point fort par rapport aux autres séries ou une multitude de personnes semble se retrouver dans un groupe sans véritable explication. Ici, le petit nombre de personnages permet à ceux-ci de s’adonner à des dialogues fraternels/paternels forts, ce qui renforce l’aspect humain très appréciable de la série. Car celle-ci sort des carcans des séries US qui semblent ressortir les mêmes scripts chaque année (avec des acteurs différents comme seule différence… et encore).

Prenez la composition de l’image par exemple. On a beaucoup parlé de l’esthétisme de Mad Men, mais Bored to Death n’a rien à lui envier. Mieux même, la série s’est créé son propre esthétisme tiré de l’univers des comics, comme un Kick-Ass
a pu le faire au cinéma. La lumière et les ombres (histoires de détective oblige…) sont maîtrisées à merveille, et sont même de vrais atouts ; que la lumière vienne d’un réverbère, d’une fenêtre ou d’un store, elle donne un aspect véritablement artistique à l’image, surtout dans son association avec la palette de couleurs vives utilisée (rouge, violet, bleu, jaune…), elle-même admirablement combinée avec les vêtements par exemple, toujours très classes soit dit en passant.

Finalement, comme si cette série n’était pas déjà assez parfaite, chaque épisode dispose de sa propre bande son, toujours très bien travaillée. Les aventures de Jonathan Ames sont accompagnées de sons jazzy et groovy, où saxophones, trompettes et guitares électriques apportent des notes légères et bien pensées, tantôt dans des compositions originales, tantôt dans le schéma classique mystérieux de la musique de film de détective.

On ne peut donc que vous conseiller de vous plonger tout de suite sans retenue dans cette série, qui a le don de nous rendre joyeux, tant par son côté amusant que son côté attendrissant.

Romain

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In case you were beginning to get bored to death by American TV series – they’ve all seemingly become similar – we’ve found a very refreshing series : Bored to Death. What a pleasure! This TV series is simply up a notch compared to other series. The image’s composition (half-cinematic, half pop-art), the music, the story-telling, the actors, everything breathes a fresh air of originality, at the same time playing on the pre established outline of detective stories. Two seasons have already been released, each one comprising 8 episodes of thirty minutes each.
Bored to Death is the brainchild of Jonathan Ames, an author/story-teller who gained some fame thanks to his novels and comic memoirs. This authentic and comic quality comes across beautifully in the series, and this is what, in part, makes it fresh.
Bored to Death is the story of a 30 year-old jewish Brooklynite novelist, who’s going through a writing crisis. This novelist is named… Jonathan Ames. And he’s played by an actor coming from movies, the wonderful Jason Schwartzman, to whom we get really closed to. Another cinema actor that we love joins him, playing his best friend: Zach Galifianakis, the loveable beardy bear from The Hangover movies. He plays Ray, a comics artist who invented the Super Ray character, basically him but in super hero mode –with a giant penis that serves as weapon–. These two fantastic actors joining force already had the making of a series unlike any other. Yet, the amazing Ted Danson, a TV veteran, joins them. He plays George, the boss and close friend of Jonathan Ames, and the editor of fictitious Edition magazine. At 62 years old, George is still a womanizer, a party animal and eager for new experiences. And if this wasn’t enough, the three friend smoke pot as much as they smoke cigarettes in Mad Men.

Following the break-up between Jonathan Ames and his lovely girlfriend Suzanne, and his incapacity to start working seriously on his second novel, Jonathan finds himself with plenty of time. When he’s not smoking a joint, he gets bored. On a whim, he decides to post a classified on Craigslist, advertising himself as an “unlicensed” private detective. But what Jonathan learned of the job, he learned reading detective stories. He doesn’t know how to fight, runs like a little girl, and is simply too much of a nice guy. Do you really thing Jason Schwartzman would hurt a fly? Nevertheless, Jonathan manages to resolve his first two cases, a missing person and a cheating lover respectively.

In each episode, Jonathan takes on a new case, every case dealing either with a love story, a search for someone, or something stolen. Little-by-little, his two friends Ray and George join him on his adventures. In parallel with these one-off stories, the three men attempt during the two seasons to deal with their difficult love life. Jonathan tries to rekindle his relationship with Suzanne, George must put up with his ex-wife having remarried his rival from GQ magazine, and Ray endures in his relationship with Leah, mother of two, who won’t give him children nor sex.

However, the three men also find adversity in the field that unites them: writing. George’s magazine is in trouble, and Richard Antrem, his ex-wife’s husband and editor of GQ never misses a chance to taunt him. Ray sees his comics rejected by publishing houses (success does eventually come in Season 2). And Jonathan must constantly live with the acerbic, perfidious and sarcastic comments of Louis Green, literary critic and arch enemy of Jonathan, after he wrote a destructive review of Jonathan’s first novel.

As you would have guessed, Bored to Death scenarios are delightful. It has (a lot of) everything: energy, comedy, originality… We never get bored. The characters’ lines are simply brilliant (Zach Galifianakis, who’s breaking up with a pretty lady… yes, you’ve read that correctly: “it’s not me, it’s you.”). The characters’ personalities and mannerisms are wonderfully developed and we identify with them right from the start. For instance, Jonathan Ames has the tendency to digress on his writing (he then starts staring in the distance), whether in front of his clients or his captors, before being brought back into reality by the same retort “Yeah, I don’t care.” George always has a half-surprised half-fascinated look on his face, always gaping, and, since he’s always half stoned, his stream of words always come out as very entertaining and amusing. Friendship is also extremely well developed in Bored to Death, and is another strong point compared to other series where many characters seem to find their way into a group without any genuine reason or valid explanations. Here, the small number of characters enables them to devote themselves to strong brotherly/fatherly dialog, which reinforces the endearing human aspect of the series. Bored to Death really escapes the shackles of every other American TV series, which seem to bring out the same scripts every year (really, your son/daughter/father/mother has super powers?), with similar soft-shaven actors and young blonde actresses.

Take the image composition for example. There was much talk on Mad Men esthetics, but Bored to Death has nothing to be shy about. Even better, the series has created its own esthetics, inspired by the comics universe, in the same way Kick-Ass did on the big screen. The light and shading (compelled by its detective story status) are wonderfully mastered, and are real assets; the light, whether coming from a street lamp, the sun or the moon, through a window or some blinds, give a genuine artistic feel to the photography, especially in combination with the palette of sharp and bright colors used (red, purple, blue, yellow…), the colors themselves being admirably combined with the clothing, always very classy, incidentally.

Finally, as if this series weren’t already perfect enough, each episode has its own soundtrack, which is always given some very good thinking; Jonathan Ames’ adventures are accompanied by jazzy sounds, where saxophones, trumpets and electric guitars bring light and well-thought notes, sometimes in original compositions, sometimes in the classic mysterious frame of detective stories’ soundtracks.

Therefore, we can only advise you to dive headfirst, without any restraints, into this TV series, which has a talent for making us happy, thanks as much to its amusing side than to its endearing one.

Romain

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