Le gamin au vélo


Drame français réalisé par Jean-Pierre Dardenne & Luc Dardenne avec Cécile de France , Thomas Doret, Jérémie Rénier, durée 1h27
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Synopsis
Cyril, bientôt 12 ans, n’a qu’une idée en tête : retrouver son père qui l’a placé provisoirement dans un foyer pour enfants. Il rencontre par hasard Samantha, qui tient un salon de coiffure et lui permet de récupérer son ancien vélo. Elle accepte ensuite de l’accueillir chez elle pendant les week-ends. Mais Cyril, qui commence à faire des bêtises avec des délinquants du quartier, ne voit pas encore l’amour que Samantha lui porte, cet amour dont il a pourtant besoin pour apaiser sa colère.


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Critique
Autant prévenir, je suis allée voir ce film sans aucun a priori, étant une néophyte du cinéma des frères Dardenne. L’histoire semble intéressante, inattendue, peut-être un brin mélo. J’y vais.
Et j’ai découvert, très simplement, un film qui m’a touchée, sans pathos, sans grands sentiments mais qui sonne juste. Si on reprend la métaphore filée « du gamin vélo », Cyril pédale pédale, sans trop savoir où aller. Son vélo c’est d’abord l’attachement à son père qu’il ne veut pas perdre de vue, mais bientôt, de manière inattendue, le vélo devient l’occasion d’avancer, libre, de remonter la pente avec la rencontre de Samantha. Ce tournant, c’est sa chance et nous on n’a qu’une peur, c’est qu’il ne tourne pas le guidon…
D’abord il faut reconnaître que l’interprétation est impeccable : une Cécile de France attachante dans sa sobriété, un Jérémy Rénier insaisissable dans sa lâcheté, mais surtout l’énergie du jeune Thomas Doret, ni trop délinquant ni trop ange, juste un gamin qui se cherche.
La narration du film est simple, peu d’action dirait-on ? Mais l’action est en réalité dans la tension présente tout le long du film : on tremble d’inquiétude pour Cyril, chaque pas qu’il fait semble être déterminant. Quel chemin va-t-il prendre, celui avec Samantha, avec un foyer et de l’amour ou celui du délinquant qui lui fait office de cette figure paternelle tant recherchée ? Cyril doute de Samantha (dont on ne connaîtra jamais les motivations), sa confiance en l’autre a été malmenée avec un père qui le rejette et on frissonne qu’il rate ce moment de toute évidence décisif dans sa vie.
La principale qualité de ce film réside donc dans l’intensité qui sous-tend chaque scène, une intensité soulignée par moments par une musique tout aussi brève que saisissante.
Les frères Dardenne nous ont habitués au « film social » ; comme ici, à un constat froid, sans psychologie et sans jugement moral sur une société et une époque qui se cherchent des (re)pères affectifs dans un brouillard de sentiments. L’émotion, c’est de nous qu’elle doit naître. Mais ce qui différencie ce film, c’est l’apaisement final que l’on semble ressentir : on s’attend au pire jusqu’à la fin mais il n’arrive pas. Cette perspective d’espoir et de lumière, qui adoucie l’intrigue, nous permet alors une émotion positive qui fait, je pense, la force du film.

Anecdote : Pour la première aussi, les cinéastes belges ont tourné en été, toujours dans leur ville de Seraing, à côté de Liège. C’est donc une banlieue ouvrière soudain plus lumineuse, plus colorée que l’on découvre.
En remportant le Grand Prix du Festival de Cannes avec « Le Gamin au vélo », c’est une véritable performance que les frères Dardenne viennent de réaliser. Un parcours sans faute unanimement salué par la critique.
7/10

Lise

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