L’Irlandais – The guard

Comédie de John Michael McDonagh
Avec Brendan Gleeson, Don Cheadle, Liam Cunningham et Mark Strong
Durée : 1h36

Gerry Boyle est un policier d’un coin paumé du Conemara, un homme désabusé, nonconformiste et à l’humour subversif. Un anti-héros impertinent (il répond à son boss), raciste (« I thought only black lads were drug dealers. And Mexicans. ») et qui l’assume comme s’il n’y avait rien de plus normal. Quand son petit village devient le centre d’une enquête d’un trafic de drogue international, Boyle doit faire équipe avec un agent du FBI dépourvu d’humour, Wendell Everett (Don Cheadle). Les trafiquants sont un trio loufoque qui échange des citations de Nietzsche pour se divertir sur la route, mené par un Mark Strong ronchonnant devant l’insignifiance de la vie. Nous suivons donc Boyle alors qu’il essaye de résoudre l’enquête, sans le moins empressement du monde, entre des parties de jambes en l’air avec des escort pendant son jour de congé, des affaires illégales avec des ex-terroristes de l’IRA, et des visites à la maison de retraire pour voir sa mère, tout aussi profane que lui.

La paire incompatible Boyle-Everett fournit de nombreux moments classiques des films de flics comiques: l’Américain en Irlande qui n’est pas dans son élément (argh, tout le monde ne parle pas anglais !). Une intrigue de thriller. Un réseau de corruption s’élargissant sans cesse. Et les dialogues sont hérissés d’érudition grossière et de commentaires farfelus sur des sujets hétérogènes, prenant souvent une tournure d’humour noir. Mais tout reste très bon esprit.

L’Irlandais est écrit et réalisé par John Michael McDonagh, le frère de Martin, réalisateur de Bons baisers de Bruges (avec Brendan Gleeson et Colin Farrell), tout aussi brillamment vilain que L’Irlandais. La ressemblance fraternelle entre les deux films se retrouve dans l’usage d’impiétés opportunes (le gamin qui rigole : « killing little protestants… that’s funny ») et dans leur absurde joueur. Mais sous la morosité, le film a aussi son côté tendre. Gleeson, plus connu en tant que ‘Mad-Eye’ Moody dans la saga Harry Potter, est un véritable nounours dans ce film, mais garde un côté quelque peu effrayant. Ce qu’il dit et comment il se comporte n’ont peut-être rien à voir avec ce qu’il pense vraiment: jusqu’à la fin, il reste un doute quant à savoir s’il manipule en fait tout le monde ; “You know,” grogne Wendell Everett contre Boyle, “I can’t tell if you’re really motherfucking dumb, or really motherfucking smart.” (“Tu sais, je ne sais pas si tu es complètement con, ou vraiment intelligent”).

L’Irlandais est donc un film très drôle et divertissant, à regarder et à re-regarder.

Note : 9/10

Romain

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