Hugo Cabret, ou la rencontre improbable d’un petit garçon avec Martin Scorsese

Hugo Cabret
de Martin Scorsese
avec Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen
Durée: 2h06

Paris, 1931. Hugo Cabret est un orphelin de douze ans dont le père, horloger, vient de mourir. Alors qu’il vit à Paris, dans la gare Montparnasse, le jeune garçon tente de réparer l’automate que son père avait cherché à restaurer avant sa mort.

Annoncé comme le film de Noël de l’année 2011, le jeune Hugo Cabret, après avoir fait la joie des libraires, est parvenu à se faufiler sur nos écrans. Certains diront qu’il est naturellement retourné à son élément, car comme vous le découvrirez, Hugo Cabret est avant tout une histoire de cinéma. Et c’est avec stupeur que nous découvrons Martin Scorsese, réalisateur de Taxi Driver, Gangs of New York ou les Infiltrés, films ô combien réputés pour leur pacifisme clinquant, comme conteur de film jeunesse. Imaginez donc Tarantino faire un Disney… Erreur de parcours ?…
Il ne faut justement pas voir Hugo Cabret comme une œuvre jeunesse, bien au contraire. Car cette formidable excuse est avant tout une déclaration d’amour de Martin Scorsese pour le 7ème Art et ses inventeurs. Hugo Cabret, c’est la métaphore de la jeunesse du cinéma, c’est Martin Scorsese en personne qui nous invite à redécouvrir Méliès. Et comme toute déclaration d’amour enflammée, l’esthétique est irréprochable. Après Woody Allen, c’est au tour de Scorsese d’idéaliser et fantasmer Paris. Les décors sont léchés, les effets travaillés, la mise en ambiance parfaite.

Cependant, le film est en lui-même assez déstabilisant. Nous attendions une œuvre jeunesse, pleine d’aventure et de magie. Mais force est de constater que le plaisir n’est pas là où nous l’attendions. Sans en dévoiler d’avantage, Hugo Cabret est avant tout une histoire sur le cinéma. Et concrètement, le résultat est assez mitigé. Le casting est vraiment beau, les personnages attachants et intéressant, mais par malheur souvent inexploités ! Le scénario n’est pas non plus si bien ficelé, et le peu de rebondissements va jusqu’à rendre le film longuet… Au final, on ne sait pas trop où le film se place : entre le film jeunesse, et la déclaration du cinéphile, parfois difficilement conciliables. Et la magie tant attendue ne provient pas des automates de tout genre, elle n’est pas dans le film : c’est le film lui-même, le cinéma !

Il faut lire, ou plutôt contempler, Hugo Cabret avec la passion du cinéphile. Car le véritable plaisir, c’est de retrouver les premières pellicules du cinématographe, de contempler les œuvres des précurseurs de Disney ou Spielberg, d’explorer la frontière entre magie et cinéma. Et cet espèce de musée du cinéma que nous offre Scorsese regorge de clins d’oeils, expose les astuces des effets spéciaux… Plus de 100 ans après sa création, après l’arrivée en gare du fameux train de La Ciotat, Martin Scorsese avec la 3D parvient littéralement à le faire sortir de l’écran. La boucle est bouclée ?…

Note : 7/10

Pierre.

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