J. Edgar

Oui, c’est bien ça ! Mon calendrier est formel : nous sommes en janvier 2012 et le grand Clint Eastwood nous livre déjà son film de l’année. Attendu comme d’habitude avec une grande impatience, l’ancien cow-boy solitaire a décidé de prendre pour cible un autre mythe américain, le directeur émérite du FBI, J. Edgar Hoover. C’est vous dire si la fébrilité était grande !

Avec ce J. Edgar, Clint Eastwood parvient d’un coup d’un seul à effacer le souvenir de son précédent et ultra-décevant film Au-Delà. Certes il signe ici une oeuvre des plus classiques, mais elle ne manque pas d’intérêt. Le maître vous invite en effet à découvrir la métamorphose de J. Edgar avec en parallèle le développement de son petit bébé chéri, le FBI. Ce nom ne vous dit rien ?… Honnêtement, le résultat est poignant, et tout l’intérêt repose dans le titre du film. J. Edgar, ou comment le directeur s’est créé, fait un nom. Découvrez cet homme paranoïaque, mégalo, complexé, toujours en quête de pouvoir, cherchant à mettre son ambition au service de son pays et de ses phobies. Soyez surpris par ce terrible secret qui fit d’Hoover l’homme omnubillé par les secrets de chacun. Assistez à la création du mythe, de l’homme qui faisait trembler les plus grands Présidents. Traversez l’Histoire américaine.

Leonardo Di Caprio était-il le meilleur candidat pour jouer J. Edgar ?… J’en doute. En revanche il faut bien reconnaître qu’il est ultra-convaincant dans ce magnifique rôle, allant chercher jusqu’au plus infime tic d’Hoover. Le scénario viendra aussi vous offrir des anecdotes savoureuses : la façon dont Hoover eu l’idée du fichage de la population, ses relations tumultueuses avec les nombreux Présidents qu’il a connu.

Cependant, Clint Eastwood fait preuve de nombreuses maladresses dans le film. Relativement long, certaines séquences viennent polluer le dynamisme du film, notamment en s’attardant trop sur les petits vieillards, où sur la sexualité d’Hoover. A la limite de la polémique, Eastwood insiste beaucoup trop sur ces éléments. C’est d’ailleurs la construction générale même du film qui va se focaliser sur quelques éléments particuliers au détriment du développement de l’histoire. On aurait souhaité en voir plus, et voir d’autres choses.

Enfin, il peut être intéressant d’étudier la façon dont Clint Eastwood traite le biopic. On pourrait d’abord lui reprocher son absence de style particulier, à l’opposé de films clairement marqués comme Ray ou La Môme. Cependant, en créant des échos entre passé et présent, d’ailleurs subtilement travaillés au montage, Clint Eastwood montre que le film a été savamment orchestré. D’ailleurs les libertés prises par le réalisateur, mêlant histoire et fiction façon Hoover, et qui seront finalement avouées témoignent de cette belle orchestration. Un bon film.

Pierre

Note : 7,5/10

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