Margin Call

Cin’Edhec reprend lundi sa série des Meilleurs Films de 2011. En attendant, voici :

Margin Call
Thriller financier américain de J.C. Chandor
Avec Kevin Spacey, Zachary Quinto, Paul Bettany, Jeremy Irons, Stanley Tucci, Simon Baker et Demi Moore.
Durée: 1h49

L’histoire se déroule sur une période 24 heures en 2008, dans une firme d’investissement new yorkaise, où les acteurs principaux de l’entreprise commencent à se rendre compte de l’imminent cataclysme. Un manager (Stanley Tucci) est licencié et escorté en dehors des bureaux. Il était en train de travailler sur quelque chose d’important, mais il se heurte à des sourdes oreilles, son portable est déconnecté, et il est obligé de transmettre ses recherches à son protégé, Peter, un ancien chercheur en aérospatiale (joué par Zachary Quinto, l’ironie étant que celui-ci joue aussi Spock dans le dernier Star Trek). Alors que tout le monde est parti boire un coup, cet analyste de risques financiers fait durer sa soirée et découvre que l’entreprise est surendetté et que les actifs de l’entreprise sont sur le point de perdre la majeure partie de leur valeur. Il transmet sa découverte à son nouveau patron, Will Emerson (Paul Bettany) et un collègue analyste junior (Penn Badgley). Ces derniers confirment sa découverte et font venir les gros poissons de l’entreprise: Sam Rogers, un chef des ventes acerbe (Kevin Spacey) et son jeune supérieur (Simon Baker), la responsable des risques financiers (Demi Moore, glaciale) et finalement le PDG John Tuld (Jeremy Irons, magistral), un homme truculent qui fait une arrivée théâtrale en hélicoptère. Certains auront remarqué que Tuld ryme avec Fuld, comme Richard Fuld, le vrai ex-PDG de…Lehman Brothers qui a fait 500 millions $ grâce en grande partie à des crédits immobiliers toxiques entre 1993 et 2007. On sait tous que Lehman Brothers était fini en 2008.

La question est de savoir quoi faire face à cet évènement. Devraient-ils alerter leurs clients ou tout vendre afin de faire un profit avant que la presse ne s’empare de la nouvelle ?

Kevin Spacey, joue le boss de Paul Bettany, un lion vieillissant et fatigué qui a perdu son appétit pour l’antilope. Il est forcé de contempler l’idée de sauver la firme, condamnant par la même ses partenaires commerciaux de longue date et coutant à ses subordonnés leur emploi. Ceci est juste un des pactes de Faust proposés sur ce jour fatidique, et d’autres personnages importants sont forcés d’examiner des propositions tout aussi épouvantables.

Les acteurs attaquent le problème de front: Quinto et Penn Badgley offrent une vue contrastée des jeunes loups qui tentent de survivre dans un secteur à haute responsabilité. Demi Moore est cruellement sobre et contenue en tant que femme essayant de se faire entendre dans un milieu dominé par des hommes; et Jeremy Irons crache tel un reptile de délectables propos en tant que directeur de la firme. Le meilleur est peut-être Spacey, dont la capacité à cacher ses véritables sentiments derrière un verni de sarcasme fait de Rogers le personnage le plus fascinant, anéanti comme il est par la mort de son chien et la chute d’une entreprise pour laquelle il a travaillé 34 ans.

Bien que le dilemme moral auquel font face ces directeurs sont pertinent pour comprendre la crise économique, le problème est approché de manière assez sèche et absconde. Les dirigeants n’arrêtent pas de demander aux employés plus bas dans la hiérarchie de leur « parler en anglais courant », mais les personnages ne parviennent vraiment jamais à expliquer le charabia financier en des termes concis que le public profane peut comprendre. A certains moments, c’est à se demander si l’on a pas besoin d’un doctorat en Economie pour être entièrement impliqué dans le film.

Esthétiquement, le film est très bien travaillé. Des salles de conseil baignées d’ombres oppressives, des écrans d’ordinateurs brillant dans le noir tels des méduses bleu-néon, et des images des gratte-ciels de New York la nuit accompagnées par le bourdonnement ambiant que sont les synthétiseurs de Nathan Larson, créent une atmosphère grisante, qui fait de Margin Call peut-être le meilleur film à aborder de manière fictionnelle la crise financière de 2008. C’est un thriller austère, où l’action se passe dans des salles de réunion et se manifeste à travers de longs discours puissants entre cadres supérieurs fortunés; soit la rencontre entre Wall Street et les antiques combats de gladiateurs.

Note : 8/10

Romain.

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